Liverpool Vs Manchester City : les meilleures attaques d’Europe ?

Ce soir, Manchester City se déplace à Anfield. L’antre liverpuldiens s’apprête à retrouver ses habits de grande soirée européenne après 9 ans sans connaître de quart de finale européen. A l’époque, la star de Liverpool s’appelle Torres quand Manchester City vient de piquer Robinho au Real Madrid. Aujourd’hui, les stars se nomment Salah et De Bruyne et c’est toute le monde du football qui espère vivre un grand match. Grâce aux 2 plus belles attaques d’Europe ?

 

Des moyens colossaux

Certes Liverpool est moins connu dans ce domaine que son voisin anglais. Mais les deux clubs ont dépensé une petite fortune pour leur attaque. De l’argent frais venant notamment des ventes pour Liverpool -Suarez et Torrès notamment- et du fond d’investissement d’Abu Dhabi qui a racheté le club de Manchester en 2008. Aujourd’hui, Liverpool se présente généralement avec Salah (42M€), Firmino (42M€) et Sadio Mané (42M) alors que City connaît une abondance aux postes offensifs -Pep en mettant quatre ou cinq sur le terrain- avec De Bruyne (76M€), David Silva (29M€), Sané (50M€), Sterling (63M€), Bernardo Silva (50M€), Aguero (40M€) et Gabriel Jesus (32M€). Aguero est blessé, Bernardo Silva devrait prendre place sur le banc.

Les lignes offensives des deux clubs sont garnies. Et si certains sous-estiment le rôle des deux coachs, arguent qu’en dépensant autant, il n’est pas surprenant de marquer autant de buts et d’avoir des résultats, c’était généralement les mêmes qui n’hésitaient pas à pointer du doigt les mauvais résultats des joueurs qui avaient posé leur valise à Liverpool et à Manchester après des transferts faramineux.

 

Une éclosion longtemps attendue

Aujourd’hui, le prix d’achat de ces joueurs ne semblent plus poser de problème. 76M pour Kevin De Bruyne, considéré comme un des 5 meilleurs joueurs de la saison, 63M€ pour Sterling, auteur de 21 buts et 11 passes décisives en 38 matchs ou 42M€ pour Salah, favoris au titre de meilleur joueur de Premier League (37 buts, 12 passes décisives en 42 matches), cela semble tout à fait normal. Mais qui aurait misé sur ces joueurs lors de leur transfert ?

Transfermakt nous renseigne par exemple sur la valeur des joueurs au moment de leur transfert. Il est intéressant de la comparer avec leur valeur actuelle et le montant de leur transfert :

JoueurDate transfertMontant transfertValeur au moment du transfertValeur actuellePrime à l'achat %Plus-value potentielle%
Sadio Mané1 July 201642206022110%1843%
Gabriel Jesus1 January 201732167016100%38119%
Kevin De Bruyne1 August 201576451103169%3445%
Roberto Firmino1 July 20154225501768%820%
Leroy Sané1 August 20165030752067%2550%
Raheem Sterling1 July 20156340802358%1727%
Bernardo Silva1 July 20175040401025%-10-20%
Mohammed Salah 1 July 2017423580720%3891%
Sergio Aguero1 July 2011403675411%3588%
David Silva1 July 2010293250-3-10%2172%

Des joueurs enfin au niveau

Les clubs ont surpayé quasiment tous les jours, excepté David Silva. Ils réalisent une plus-value potentielle sur tous les joueurs à l’exception de Bernardo Silva. La plus-value est logique. Ce sont des clubs en quarts de finale de Champions League alors que ce n’est pas une habitude. Au contraire, pour des joueurs du Real Madrid, du Barça ou du Bayern. Pour eux la Champions League n’aura pratiquement pas d’effet sur leur valeur marchande à part en cas de victoire finale.

Finalement, les plus-values sont assez faibles pour la plupart de ces joueurs. On peut s’étonner que la valeur de Kevin De Bruyne n’ait augmenté que de 45% par rapport à sa valeur d’achat. Alors qu’il est l’un des meilleurs joueurs du monde. Son club va être titré en Premier League et pourrait gagner la première Champions League anglaise depuis 2012. Surtout, en arrivant à Manchester, sa feuille de stats n’était pas exceptionnelle (88 matches pour 23 buts et 36 passes décisives en Allemagne). Rappelons qu’à cette époque, Bale, Ronaldo et Neymar trônait encore dans le classement des plus gros transferts. Classement dans lequel le belge se classait septième.

Le constat est le même pour Sterling, dont la valeur n’a augmenté que de 27%, pourtant auteur de sa plus belle saison, de loin. Il a été décisif 21 fois en Premier League en 26 matchs joués cette saison. Il avait été décisif 53 fois sur les 6 dernières saisons (159 matchs). Dans n’importe quel autre club, un joueur qui fait une saison autant au-dessus des précédentes verrait sa valeur doubler par rapport à sa valeur d’achat. Pas à Manchester City où sur-performer est devenu obligatoire pour valoir son prix.

Faites nous rêver !

Il y a 13 mois, Manchester City et Monaco nous offraient une des plus spectaculaires confrontations de Champions League. Une « victoire » monégasque 6 à 6, grâce aux buts à l’extérieur. Elle permit de booster la valeur des joueurs monégasques et d’offrir une plus belle plus-value aux dirigeants monégasques (eux, ne surpayant que très peu leurs joueurs).

Peu importe la valeur des joueurs, tous les amoureux de foot s’attendent à voir un spectacle similaire ce soir. Les deux équipes ont marqué 210 buts depuis le début de saison en 79 matches. Avec des joueurs qui dégoupillent très souvent. Sterling est décisif (21 buts et 11 passes décisives) toutes les 91 minutes. Salah est décisif (37 buts, 12 passes décisives) toutes les 68 minutes. Malgré l’absence d’Aguero (décisif toutes les 78 minutes), cela semble improbable de voir un match nul et vierge.

Les meilleurs, vraiment ?

Sur la planète des attaques de folie, les deux clubs ne sont pas seuls. Peu de clubs peuvent rivaliser avec le PSG (95 buts en 31 matchs), le Réal et le Barça sont au-dessus de Liverpool (76 buts en Premier League) pendant que Munich (72 buts) et Monaco (74 buts) sont juste derrières. Même la Juventus (70 buts). Les sigles ne manquent pas depuis la MSN barcelonaise : la BBC a été remplacée par la BIC à Madrid, la MCN à fait rêver l’Europe. Pourtant on savait que le Juventus – Madrid serait moins spectaculaire que Liverpool – City. Ce ne sont pas forcément les meilleures attaques mais ce sont les plus belles.

Comme l’année dernière avec Monaco, la beauté de ce choc ne réside pas que dans la puissance de leurs attaques. Certes il y a aussi la faiblesse de leurs défense (Matip et Otamendi ne sont pas Ramos et Barzagli). Mais il y a surtout la jeune et l’inexpérience des joueurs cadres. Sterling a ainsi joué 30 matchs de C1 quand Salah en a joué que 16 (dont 10 cette année). Des joueurs comme De Bruyne, Jesus ou Mané n’en ont pas joué plus. Ils découvrent cette compétition, le haut niveau. Ils n’ont pas encore la pression de devoir confirmer car il s’agit de leur première saison à ce niveau. Et poussé par des coachs, Jürgen Klopp et Pep Guardiola, dont l’attaque est le leitmotiv, ils peuvent se projeter et faire parler leur talent. En toute insouciance.